Commune de Clux-Villeneuve

Site officiel de la mairie


Biographie de Charles Borgeot

CHARLES BORGEOT...
Un homme d’influences au service de l’agriculture


Le nom de Charles Borgeot, sénateur, président du Conseil Général de Saône-et-Loire, conseiller général de Verdun-sur-le-Doubs, maire de Clux, s’identifie à la création des silos coopératifs de Verdun-sur-le-Doubs. Homme de la terre, l’amélioration des techniques agricoles forme le fil conducteur de son parcours, ce qui le conduit à prendre de multiples responsabilités lui valant une influence considérable dans les milieux agricoles (initiateur de plusieurs syndicats d’exploitants et responsable d’organismes) et politiques de Saône-et-Loire.

           « Charles BORGEOT est un ancien habitant de CLUX et homme politique influent de la 1ère moitié du XXème siècle ; il est né en 1876 dans la ferme Saint-Claude que ses parents Antoine BORGEOT et Euphémie BOULMET louent, il est le 5ème et dernier de la famille. Ayant fréquenté l’école communale de LA VILLENEUVE (CLUX n’en disposant pas encore) il continue dans une école privée de SEURRE où il acquière de bonnes connaissances en français et en agriculture.  Il participe à la vie de la ferme, manuellement habile, son savoir-faire est le bienvenu. Il rencontre Adèle COLLIN, fille intelligente et modeste et ils se marient à NAVILLY le 30 janvier 1901.

La tâche est lourde, Antoine son père est mort deux ans plus tôt ; à 25 ans Charles BORGEOT se retrouve à la tête de la plus grosse ferme de CLUX-LA VILLENEUVE. Il modernise la ferme Saint-Claude  et confie la gestion financière à son épouse, tâche qu’elle exerce avec rigueur et bon sens.

Cette réussite, le jeune homme veut la faire partager aux autres agriculteurs en les convainquant de sortir de leur routine. Dès 1902 il fonde un syndicat agricole sur les communes de CLUX et LA VILLENEUVE afin d’acheter un taureau de race montbéliarde. Ce sera la première structure de ce type dans le canton. D’ailleurs, dès cette première décennie du siècle, des photographes viennent immortaliser l’élevage de Charles BORGEOT pour le reproduire sur cartes postales, signe évident de la renommée acquise par le jeune cultivateur.

Encouragé par cette expérience, il fonde en 1910 un syndicat pour accroître la productivité laitière. De plus, il est membre de l’influente commission betteravière de Bourgogne où il représente la Saône et Loire, le canton de Verdun étant un gros producteur ; il soutient aussi les revendications des planteurs de pommes de terre de la vallée de la Saône, nombreux à CLUX et à LA VILLENEUVE, qui vendent leurs productions aux féculeries de CHALON et de SEURRE.

L’agriculteur fonde aussi une mutuelle-bétail dont les adhérents solidaires veillent au bon équilibre du budget. Il crée également une petite exploitation forestière pour arrondir ses revenus et il acquiert au fil des ans une centaine d’ha dans le massif forestier de CLUX/POURLANS ; cette seconde activité permet d’employer la domesticité l’hiver et surtout d’équilibrer le budget de la ferme en favorisant les investissements dans l’achat de bétail, d’engrais et de matériel agricole.

Il fréquente assidûment les foires et les concours agricoles du secteur chalonnais où il remporte souvent le 1er prix ; cette reconnaissance l’est même au niveau national puisque le cultivateur obtient les 5 premiers prix de la catégorie « exploitations agricoles de grande culture ».

En 1908 la candidature au conseil municipal de CLUX légitime l’ambition d’un homme encore jeune, mais déjà investi de responsabilités au sein des milieux agricoles : presque tous les électeurs votent pour lui et 9 des 10 conseillers l’élisent maire. La Préfecture le classe parmi les radicaux, majoritaires dans le canton, les radicaux s’affirment défenseurs des humbles et des ruraux…

Connaissant la valeur des études et du savoir en milieu rural, Charles BORGEOT reprend un dossier épineux : la construction d’une école, une classe mixte ; en effet, CLUX ne dispose d’école, les enfants vont à LA VILLENEUVE. Depuis 1872, les deux communes se partagent les frais, au prorata de leur population : 2/5è pour CLUX, 3/5è pour LA VILLENEUVE.

Le projet de construction s’élève à 24 088 F et les travaux sont terminés en mars 1909 ; le 1er maître M. Henri TABERNIER prend ses fonctions au 1er octobre.

Le 2 août 1914 le maréchal des logis BORGEOT est affecté au 2ème bataillon du 195è régiment territorial d’infanterie ; la croix de guerre lui est remise en 1917 pour avoir secouru les blessés lors de bombardements et en 1918, à la fin de la guerre, il reçoit la Légion d’Honneur. Démobilisé, il retrouve sa mairie mais sur 50 mobilisés 10 sont morts au front, les habitants de CLUX ont payé un lourd tribut, ce qui marquera profondément Charles BORGEOT.

Dès 1918 le conseil municipal approuve l’érection d’un monument aux morts et vu les moyens financiers réduits, il est décidé de le partager avec la Commune de LA VILLENEUVE et de l’ériger sur la place principale ; Charles BORGEOT prononce le discours inaugural et non son collègue MAGNIEN pourtant conseiller général.

Ernest MAGNIEN, capitaine en retraite, et maire de LA VILLENEUVE, conseiller général depuis 1910, décide de ne pas se représenter en 1919 et ouvre la voie à Charles BORGEOT ; celui-ci affiche sa proximité avec les électeurs et sa disponibilité. Sans surprise, il prend le canton au 1er tour (59.08% des suffrages) ; pour la 1ère fois le poste échoit à un agriculteur et non à un notable rural traditionnel. Charles BORGEOT creuse aussitôt son sillon : en quelques mois, ils tissent des liens avec les maires et font de lui l’homme fort du Verdunois. Le Conseiller Général renouvelle son mandat en 1922, 1928 et 1934 ; les campagnes électorales sont brèves et calmes, les électeurs s’en désintéressent : l’ancrage du sortant dissuade d’éventuels adversaires.

L’électrification fait partie des objectifs de Charles BORGEOT ; depuis la fin de la guerre, les pouvoirs publics, le Génie rural, encouragent cette modernisation pour réduire l’écart de niveau de vie entre ville et campagne et combattre l’exode rural. Bien des communes du canton en profitent durant la décennie 1920 (LA VILLENEUVE en 1920, CLUX en 1923), en 1933 585 des 587 communes de la Saône et Loire sont reliées au réseau électrique.

Bien des maires rêvent de l’adduction d’eau mais le coût financier est trop lourd, Charles BORGEOT considère la coopération intercommunale comme adéquate pour y parvenir ; en novembre 1931 il réunit les élus de CLUX, LA VILLENEUVE et LONGEPIERRE pour les convaincre de réaliser l’adduction d’eau sur leurs communes. Le Maire de LA VILLENEUVE, Asther BORGEOT (son frère aîné) souscrit sans peine, mais son collègue de LONGEPIERRE refuse, arguant que l’eau potable ne manque jamais. Le 4 décembre 1932 la commune entérine la création du Syndicat intercommunal des Eaux de CLUX-LAVILLENEUVE, première structure de ce type en Saône et Loire. Les travaux s’achèvent en 1936, bien des habitants du secteur envient les villageois de CLUX et de LA VILLENEUVE…

A la fin de la décennie 1920, le marché du blé fluctue et les cours mondiaux s’effondrent en raison d’offres abondantes qui favorisent la spéculation ; Charles BORGEOT veut interrompre ce système qui pénalise les agriculteurs du Verdunois, surtout après la récolte de 1929, il rencontre un producteur de blé de l’Est qui lui explique l’utilité des silos pour le stockage des grains. Après avoir réussi à convaincre les agriculteurs (non sans peine), le 15 septembre 1930, la coopérative se forme définitivement sous le nom de « Société coopérative des magasins et silos de VERDUN-SUR-LE-DOUBS » et une subvention accordée par le Ministère de l’Agriculture aide le Conseiller Général à construire le 1er silo coopératif de France, les installations fonctionnent dès le 5 février 1931. Dès 1932 la coopérative réunit 2500 adhérents et le 28 août 1932, VERDUN accueille pour la 1ère fois un ministre de la République pour inaugurer la coopérative.

La carrière politique de Charles BORGEOT ne s’arrête pas à simple Conseiller Général : il est élu sénateur le 25 août 1929 et Président du Conseil Général de la Saône et Loire le 21 août 1933 mais il ne parviendra jamais à se faire élire député.

Quand arrive la guerre de 1939, Charles BORGEOT essaie de défendre encore le monde agricole en plaidant avec succès pour que les cultivateurs mobilisés dans les usines de guerre bénéficient d’une permission de 21 jours pour les semailles et les vendanges. Mais en 1940, quand le Maréchal Pétain arrive au gouvernement, Charles BORGEOT vote les pleins pouvoirs comme la plupart de ses collègues, le prestige de Pétain, vainqueur de Verdun, plus que le choix favorable des ténors radicaux du Sénat, motive son vote, comme il s’en justifiera plus tard. Au moment de la libération, en 1944, le gouvernement provisoire de la République Française déclare inéligible les parlementaires ayant voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Ses amis l’entourent et le défendent ; le 3 décembre 1944, le maire de LA VILLENEUVE, Léon CORNOT, soutenu par les autres édiles du comité intercommunal, défend son ami auprès du Préfet « la population de notre région n’eut pas de meilleur défenseur que M. BORGEOT contre les agissements de l’ennemi et le Gouvernement à sa solde, M. BORGEOT favorisa l’évasion de nombreux prisonniers. » Les villageois le plébiscitent et votent pour lui en juillet 1945 alors qu’il est inéligible. Le Général de Gaulle relève l’ancien sénateur de sa condamnation à 10 ans d’indignité nationale par décret du 13 août 1945, il peut désormais prétendre à certains mandats (sauf parlementaire ou municipal). Il est réélu Conseiller Général en septembre 1945 puis Président du Conseil Général ; et retrouve son fauteuil de maire en 1949. 

En 1947, Robert ANCIAUX, vétérinaire, soutenu par Charles BORGEOT, propose la création d’un centre d’insémination artificielle à l’assemblée générale de la fédération des syndicats d’élevage de Verdun et de Saint Martin ; l’établissement s’installe près des silos, 765 coopérateurs participent à la naissance de l’établissement le 11 avril 1948.  

Fatigué au printemps 1962, il s’éteint dans son lit le 31 août et ses obsèques ont lieu le lundi 3 septembre en l’église de LA VILLENEUVE : 3000 personnes assistent à la cérémonie conduite par la fanfare de VERDUN.

Sa femme, Adèle BORGEOT, poursuit néanmoins les activités du domaine Saint-Claude, épaulée par sa fille et son gendre Robert AUBRY ; elle s’éteint à CLUX à l’âge de 89 ans en août 1967. »

 

Editée par les Trois Rivières retrouvez ici la biographie complète  de Charles BORGEOT